Ode à O.livier Liron


Aujourd’hui, je souhaite vous parler d’un auteur auquel je suis très attachée et à qui je confère un profond respect : Olivier Liron, auteur de deux ouvrages autobiographiques absolument magistraux, publiés chez Alma Editeur, respectivement en 2016 et 2018. Ce jeune romancier présente un parcours de vie singulier qu’il dépeint au moyen d’une une prose poétique unique et stupéfiante.


Danse d’atomes d’or, à la prosodie parfaite, fait le lien entre la passion amoureuse, narrée d’un point de vue masculin, et la souffrance que provoque la béance de l’absence. Ce premier roman, chorégraphique, est scandé en trois parties -trois chants- et procède au réexamen du mythe d’Orphée et Eurydice dans une version davantage moderne et féministe, où la protagoniste, rétive, disparaît sans se retourner abandonnant ainsi un homme paralysé par cette mystérieuse échappée. La plume de l’auteur, charnelle, transforme les mots en des effractions sensuelles qui viennent éprouver un corps évanoui et susciter la mémoire sensible d’une frénésie expirée. La langue, d’une rare poésie et choisie avec précision, n’est cela dit non dénuée d’un trait humour propre à l’écrivain, qui permet de prendre la distance nécessaire face à la tragédie. O., écrivain et protagoniste du livre, emporte alors le·a lecteur·rice dans un tourbillon d’émotions incandescent, dont chaque syllabe est mesurée, partagée. Un véritable bijou.

Pour son second roman Einstein, le sexe et moi, paru à l’occasion de la rentrée littéraire 2018, Olivier Liron signe un ouvrage brillant par son accointance et son alternance entre deux types de récit, l’un d’une intime brutalité et candide douceur, l’autre relevant presque du feuilleton sous croustillant d’humour. Le style d’écriture est habile et sincère, comme exercé à la justesse du monde, et nous dépeint un surprenant et singulier récit à dévorer d’une traite. L’auteur parvient à emporter le.a lecteur.rice dans son aventure rocambolesque, au point de partager avec lui les moindres sensations inhérentes au jeu télévisé intensément rythmé, et le plaisir est bien présent. Ce premier périple recèle néanmoins un tableau nettement plus confidentiel dans lequel l’auteur décompose sa vie et se confie sur les souffrances subies pendant son enfance. Victime de harcèlement scolaire, Olivier Liron dénonce un système éducatif nécrosé qui doit être restructuré, au moyen d’une plume sans faux-semblant et d’une grande sensibilité. C’est rudement efficace et épidermique, laissant une marque indélébile sur le cœur.

Ce qui m’a sauvé, ce qui m’a toujours sauvé, ce qui m’a permis d’avancer, c’est l’écriture et la poésie.


Je souhaite remercier cet écrivain, que j’ai eu la chance de rencontrer dans le cadre d’une rencontre dans la librairie de ma ville, et avec qui je discute par ailleurs de temps en temps sur les réseaux sociaux. C’est un homme très accessible, incroyablement touchant qui, par un mystérieux et prodige phénomène, donne l’espoir de pouvoir guérir de ses blessures et reprendre corps à travers l’écriture, ses mots, sa poésie. Deux de mes proches, que j’aime infiniment, ont subi le harcèlement scolaire et en souffrent encore énormément, des dizaines d’années plus tard : leur vie a été partiellement détruite mais l’espoir est bien là, il se terre au fond de leur cœur de lumière et je veux leur dire qu’iels s’en sortiront. Ainsi, coucher ces quelques mots en guise d’hommage et soutenir cet écrivain délicat et profondément humain sonnait en moi comme une évidence. Bravo, et merci d’exister.

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