Rentrée littéraire : Un poisson sur Hot Spot !


À l’occasion de la publication de deux nouveaux ouvrages édités par la maison Gallmeister -le dernier opus de David Vann et une traduction inédite d’un roman de Charles Williams- j’ai eu la chance d’obtenir deux partenariats grâce auxquels j’ai pu recevoir ces livres. Je remercie vivement les éditions Gallmeister mais également le groupe Picabo River Book et le site Babelio pour ces envois. Place aux avis !


Les ouvrages de David Vann ont toujours été d’un grand acabit et, sans surprise, Un poisson sur la lune ne déroge pas à la règle. Ce récit est une auto-fiction qui dresse la cartographie des dernières tentatives de James Vann pour s’arracher du sentiment de désolation qui le dévaste. L’auteur assourdit le·a lecteur·rice des cogitations introspectives imaginaires du narrateur frôlant les ultimes sentences d’un condamné. C’est au moyen d’une plume tactile et acide qu’iels s’engouffrent dans une quête identitaire troublée relevant presque d’un funeste pèlerinage, à travers l’exploration de lieux symboliques et l’entretien des membres de son entourage plus ou moins proche. Le verbe, invectif et au service d’une tension progressive à l’abîme infernale, rend compte d’un cynisme autolytique dont la placidité est glaçante. La fuite ne fait pas partie du plan et c’est dans une violence latente que Jim, convulsé par ses émotions versatiles, écorche ses proches d’avanies venimeuses, ces dernier·ère·s prenant alors conscience de l’intensité des affres symptomatiques d’une pathologique inextirpable. Au delà de l’érection de portraits puissants issus d’un environnement familial nécrosé, il s’agit bien là de retranscrire les questionnements sur l’acte de secourir un individu d’une mort programmée et de l’agripper à la vie contre sa volonté. Ainsi, David Vann égare le·a lecteur·rice dans un équilibre désaxé entre le réel et la fiction, où la formidable capture des émotions le·la plonge dans de profondes réflexions. L’auteur révèle alors une ellipse fantasmée des derniers moments de vie de son père, dont le spectre à qui il offre un ultime cri vient percer le réel de toute sa poigne, falsifiant des vestiges au sein même de ses racines familiales.

Je tiens à remercier Léa du Picabo River Book et la (merveilleuse) maison d’édition Gallmeister pour ce partenariat et l’envoi en avant-première de cet ouvrage.

Un poisson sur la lune, David Vann. Traduit de l’anglais (États-Unis) par Laura Derajinski. Éditions Gallmeister, coll. Americana, 2019. 304 pages. 22,40 euros. Tu peux l’acheter ici ou dans la librairie [indépendante] la plus proche de chez toi !


Contrairement à la quasi adulation générale de cet ouvrage, Hot Spot dépose sur moi une empreinte en demie-teinte. Charles Williams, vraisemblablement auteur classique du genre du roman noir, parvient à planter un décor très crédible et un paysage texan désertique dans lequel le·a lecteur·rice sombre aisément, ensuqué par un soleil torpide et une chaleur étouffante. C’est au moyen d’une plume propre et un peu trop concise que l’écrivain des 50’s arbore une histoire de destins croisés, tangent le maléfice quasi emblématique, dont le personnage principal, à l’arrogance qui semble se prétendre séduisante, s’enlise dans un enchaînement de vicissitudes. Le roman, qui a donc pour fil d’ariane une véritable escadrille de coups du sort, ne dégage toutefois pas suffisamment de place au bon développement des différents personnages dont j’aurai aimé apprendre davantage, particulièrement ceux de l’intraitable policier et de Madox dont on n’apprend, au final, très peu d’aspects. Par conséquent ressentir la moindre empathie envers l’un·e d’entre elleux devient une opération escarpée et je me suis parfois laissée désintéresser par la tournure de l’intrigue quand bien même je m’en préoccupais. Malgré tout, c’est dans une attente presqu’inassouvie que le dénouement parvient tout de même à surprendre et être enjôleur. En outre, le livre m’a à vrai dire laissée pantoise sur la manière d’aborder les femmes dès lors que le héros apparaît comme une pauvre victime de celles-ci, manipulatrices et cruelles, prêtes à tout pour assouvir leurs désirs. In fine, en dépit d’une composition lacunaire, le scénario est prometteur et relève du bon divertissement, cela reste néanmoins un récit à la pulpe convenable mais qui ne laissera pas de tâches.

Un livre lu dans le cadre de la Masse Critique Babelio que je remercie, ainsi que Gallmeister, pour l’envoi de cette nouvelle édition.

Hot Spot, Charles Williams. Traduit de l’anglais (États-Unis) par Laura Derajinski. Éditions Gallmeister, coll. Totem, 2019. 224 pages. 8,40 euros. Tu peux l’acheter ici ou dans la librairie [indépendante] la plus proche de chez toi !

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